Qui pour venir en aide aux paysans dans la préfecture de Zio

Qui pour venir en aide aux paysans dans la préfecture de Zio

On parle beaucoup de l’agriculture en Afrique, on organise beaucoup de colloques, de forums, de conférence. Les universitaires produisent beaucoup, ils font des « recherches », les campus sont pleins d’étudiants en Agronomie, en géographie etc  mais l’impact sur le terrain  est tout autre. Depuis quelques années, ISCOME a fait le choix de s’engager dans ce secteur, et plus le temps passe, plus nous comprenons à quel point il est fragile et très risqué  de s’engager dans ce secteur. Parfois seule la passion pousse à poursuivre. Car les incertitudes sont trop nombreuses. …

Cette année encore, les faits sont là. Les fortes pluies de fin mars et début avril 2026 ont surpris les paysans de la préfecture de Zio. Nous parlons de cette préfecture car c’est là que nous sommes installés.  Ceux qui s’étaient lancés dans la culture de contre-saison, comme ceux qui avaient pris de l’avance sur la campagne agricole, ont vu leurs efforts réduits à néant. Les eaux ont envahi les champs et détruit les cultures. En quelques heures, des mois de travail ont disparu.

Les maraîchers/maraichères  du bassin du Zio sont aujourd’hui dans une situation de détresse. Ils n’ont plus rien à récolter, plus rien à vendre. Dans les villages, c’est la désolation. Les familles s’inquiètent pour les jours à venir.

Des efforts partis à l’eau

Même ISCOME n’a pas été épargnée. Une partie de notre champ a été emportée par les eaux. Cela montre bien que personne n’est à l’abri.

Le problème est encore plus grave quand on regarde l’absence d’une forme d’accompagnement.  Il n’y a pas de véritables structures pour accompagner les agriculteurs face à ces catastrophes. Il n’y a pas de mécanismes de soutien rapides. Les producteurs sont laissés pratiquement  seuls face aux conséquences du changement climatique.  Ce n’est qu’un aspect des challenges du monde agricole

Dans ces conditions, il devient difficile de parler de sécurité alimentaire. Il devient aussi difficile de convaincre les jeunes de se tourner vers l’agriculture. Beaucoup comprennent que produire aujourd’hui, c’est prendre un risque important, sans garantie.

Le changement climatique n’est pas vraiment une théorie en l’air. C’est du réel  et ca touche e directement ceux qui dépendent de la terre pour vivre.

Il est urgent de repenser l’accompagnement des agriculteurs, de mettre en place des solutions concrètes pour les protéger et sécuriser leurs activités. Sans cela, les conséquences seront encore plus graves dans les années à venir.

Sophie KESSOUGBO : une jeune étudiante qui défie les difficultés et choisit la terre, immersion à la ferme HERITAGE de l’association ISCOME

À une époque où beaucoup de jeunes sont attirés par le gain facile, les raccourcis et les illusions de réussite rapide, certaines personnes choisissent  d’autres voies ô combien difficile, mais porteuses d’espoir. C’est le cas de KESSOUGBO Kossiwa Exonam Sophie, une étudiante à l’Université de Lomé qui a fait le choix d’un chemin plus exigeant… mais infiniment plus porteur de sens.

Son histoire commence avec une opportunité : le programme Vacances en Entreprise, initié par le gouvernement togolais avec l’ANPE. Elle rejoint alors la ferme Héritage de  l’ONG ISCOME, comme beaucoup d’autres jeunes en quête d’expérience. Mais pour Sophie, ce n’était pas qu’un passage. C’était une rencontre avec une vocation.

Dans un environnement où  l’agriculture est souvent perçue comme pénible, peu valorisée, voire “pas faite pour les jeunes filles”, Sophie fait un choix fort : s’y engager pleinement. Elle découvre l’agroforesterie, s’y attache, s’y investit… et décide d’y construire quelque chose de durable.

Après le séjour dédié à l’ANPE, elle décide de revenir au champ de sa propre initiative et cherche à mieux comprendre l’environnement et apprendre à connaitre le monde agricole avec tous ses difficultés. 

Aujourd’hui, elle porte un défi impressionnant : la mise en place d’une pépinière de 10 000 plants pour la prochaine campagne de reboisement. Un travail exigeant, qui demande de la patience, de la rigueur, et surtout une foi profonde en ce que l’on construit.

Mais ce qui rend son parcours encore plus inspirant, c’est la manière dont elle avance. Dans un esprit profondément humain et solidaire, Sophie ne marche pas seule. Elle entraîne avec elle ses camarades d’amphi. Ensemble, ils quittent le confort de la ville,  pour se confronter à la terre, au soleil, à la réalité du terrain.

Pendant que d’autres cherchent des chemins rapides vers l’argent, eux ils ont  choisi d’apprendre, de construire, de produire. Ils acceptent de se salir les mains pour bâtir quelque chose de vrai. À la ferme d’ISCOME, ils découvrent une autre richesse : celle du travail, de la patience, et de l’impact concret.

Avec ingéniosité, Sophie et ses collègues Mewi, Natacha accompagné par Jules M’BOUKE récupèrent des sachets plastiques auprès de collecteurs de déchets de la capitale.  Ils les recyclent  pour l’empotage, donnant ainsi une seconde vie à ces matériaux tout en contribuant à la production de milliers de plants. Un geste simple, mais profondément engagé, qui lie écologie, responsabilité et action.

Sophie incarne aujourd’hui à nos yeux  cette jeunesse consciente qui refuse la facilité au profit de l’essentiel. Une jeunesse qui comprend que l’avenir ne se consomme pas… il se construit.

Son parcours et celui de ses camarades est un symbole marquant  :
👉 Oui, il est possible d’être jeune, étudiant(e), et de choisir un chemin différent.
👉 Oui, il est possible de créer de la valeur autrement.
👉 Et surtout, oui… il est possible de redonner à la terre ce qu’elle nous offre.

KESSOUGBO Kossiwa Exonam Sophie et ses amis ne suivent pas la tendance. Ils tracent leur voie. Et dans chacun des plants qu’ils préparent  aujourd’hui, ils sèment bien plus que des arbres : ils sèment de l’espoir. 🌱